Au Mexique : à bord du train el Chepe, dans le Canyon du Cuivre

En avril dernier, je suis partie en excursion dans le Nord du Mexique afin de monter à bord de l’unique train de passagers toujours en activité du pays : el Chepe ! Ce nom est la contraction de Chihuahua (ville et capitale de l’état du même nom) et du « P » de Pacifique, car ce train les relie, depuis la ville de Los Mochis sur la côte.

Parcourant 652 kilomètres, ce voyage en train offre des vues spectaculaires sur sa portion reliant les villes d’El Fuerte et de Creel : c’est donc la portion que nous avions décidé de parcourir, le reste pouvant se faire très facilement en bus. Le trajet partant de Los Mochis permet d’admirer les plus beaux paysages du parcours en plein jour avec une belle lumière, alors que le trajet inverse les traverse pendant la nuit… Nous avions donc bien évidemment choisi ce sens de trajet !

Notre itinéraire train/bus :

Notre voyage commence donc à El Fuerte, que nous avons rejoint en bus depuis Los Mochis, afin d’y prendre le train dimanche matin aux aurores… La ville est très mignonne sans être incontournable, une visite au Mirador offre une très belle vue sur l’ensemble de la ville mais est malheureusement une des seules activités possibles.

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Dimanche matin, réveil aux aurores afin de ne pas rater le bus qui va nous emmener à la gare ferrovière d’El Fuerte, suffisamment éloignée du centre-ville pour ne pas pouvoir y aller à pieds.

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Comme vous pouvez le voir sur la photo, je n’étais pas franchement malheureuse d’être à bord ! Nous commencions donc notre épopée, un petit goût d’Orient Express mexicain (tout petit) dans des paysages changeant à toute allure. Enfin, à toute allure… A celle du train, qui roule en moyenne à 25 km/h !

Le train s’arrête un petit quart d’heure à Divisadero afin de permettre à tous les passagers d’aller admirer la vue…

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…mais aussi de se ravitailler en eau et nourriture, car le trajet est long et le wagon-bar très onéreux. Le trajet continue, enchaînant des traversées de ponts spectaculaires puis de forêts, avant d’arriver à notre prochaine destination : Creel.

Creel est au coeur de la Sierra Madre Occidental et n’est pas sans rappeler le far west, quand les rues sont désertes on s’attendrait à entendre une musique de western… Mais Creel est une petite ville tranquille, offrant nombre de restaurants / bars / hôtels et de possibilités d’excursions à la journée ou sur plusieurs jours.

Après une nuit à Creel, nous prenons un bus aux aurores (promis je n’ai même pas ralé) pour descendre tout au fond du Canyon, jusqu’à la ville de Batopilas. En partant de Creel le matin, on était sous des gros pulls en grelottant, la montagne à 6h du matin promettant un réveil assez violent… Puis nous embarquons dans un ancien bus scolaire américain jaune, nous sommes les seuls touristes et le bus est bondé. Les bagages sont entassés à l’arrière et s’écroulent sur les passagers à chaque virage, il n’y évidemment pas de ceintures et pour ouvrir les fenêtres c’est la « dame des tickets » qui, armée d’un couteau et d’une clé de 13, vient à bout des systèmes ayant rendu l’âme jadis pour offrir un peu d’air à tout le monde. Les descentes se font à flanc de montagne, on serre les fesses en priant pour que le chauffeur soit en forme, et que les freins tiennent… Voici une des routes qu’on a descendu par exemple :

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Plus on avance, plus il fait chaud et plus le bus s’anime : tout le monde discute, le lecteur CD du chauffeur crache des vieux tubes mexicains, les enfants commencent à s’impatienter… Le soleil se lève, et nous offre des paysages toujours plus époustouflants !

Nous arrivons vers midi à Batopilas, où nous ne croiserons aucun autre touriste – immersion totale ! Ce village, très isolé, dispose d’un climat tropical qui offre une végétation très différente de ce que nous avons laissé à Creel. La ville a été fondé par José de la Cruz en 1708, lorsque cet explorateur espagnol y a découvert une mine d’argent. La richesse produite avait alors rendu cette ville célèbre dans le monde entier, jusqu’à atteindre une population permanente de 50 000 habitants… Pour comparaison, en 2005 on en comptait à peine plus de 1 000. Depuis 2012, Batopilas dispose du titre de Pueblo Mágico (village magique), sorte de label national attribué aux villes/villages de charme du pays.

Après avoir parcouru la ville et les ruines d’anciens très beaux bâtiments, construits par les riches exploitants à l’âge d’or de la ville, nous profitons du bien nommé Rio Batopilas pour nous baigner et nous rafraîchir.

La suite de nos aventures se déroule à Creel, que nous rejoignons avec le même bus et le même chauffeur que la veille, en finissant notre suite au rythme des virages et des coups de freins.

Arrivés à Creel sous un grand soleil, nous allons poser nos bagages à l’hôtel (Hotel Ecologico Temazcal, que je recommande sans réserve, propriétaire adorable et rapport qualité/prix imbatable !) puis nous louons des VTT afin de partir explorer les alentours grâce à une carte dessinée à la main par une âme charitable il y a probablement trente ans… Mais on s’y retrouve !

Nous partons donc explorer la Sierra Tarahumara, en particulier les deux vallées en photo ci-dessous, à gauche la Valle de los Monjes  (Vallée des Moines) et à droite la Valle de los Hongos (Vallée des Champignons) – les noms sont assez explicites.

Cette bonne balade à vélo nous permet de nous enfonces dans les terres Tarahumara ou Raramuri, le peuple vivant ici. Originaires de Chihuahua, c’est lors de l’invasion des Espagnols au XXIe siècle qu’ils viennent se réfugier dans la Barranca del Cobre (Ravins du cuivre) et le secteur qu’ils habitent aujourd’hui est généralement appelé Sierra Tarahumara. Si vous avez lu ou entendu parler du livre « Born to run » vous connaissez alors déjà un peu les Raramuris ! Ils sont très célèbres pour leurs énormes capacités en course de fond – en sandales, s’il vous plaît. On estime le nombre de Raramuris  au Mexique entre 50 000 et 100 000, ce qui en fait l’un des groupes indigène les plus importants d’Amérique du Nord.

Les habits traditionnels des femmes sont superbes, dans le style de ces deux petites filles Raramuris posant en haut d’un rocher dans la Valle de los Hongos :

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Il est alors temps pour nous de nous diriger en plusieurs étapes vers l’aéroport de la ville de Chihuahua, enchaînant quelques bus sur-climatisés… mais offrant encore de beaux paysages comme sur la photo ci-dessous !

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J’avais évidemment embarqué ma GoPro lors de ce voyage, je vous laisse donc avec une petite vidéo récapitulative de nos aventures !

Informations pratiques : nous avons fait ce voyage en 5 jours / 4 nuits, en atterrissant à Los Mochis le samedi matin et en repartant en avion depuis Chihuahua le mercredi soir. Sans compter l’avion et la nourriture, comptez environ 150 euros par personne pour ce voyage (train, bus, logement). Pour réserver les billets de train en partant de Los Mochis, vous pouvez contacter le bureau du Chepe par mail chepemochis@ferromex.mx et payer vos billets par virement, vous les recevrez sous format électronique et n’aurez plus qu’à vous présenter à la gare. De manière générale, vous trouverez toutes les informations utiles sur le site officiel du Chepe http://www.chepe.com.mx/. Je vous déconseille de vous rendre dans cette région lors de la saison de pluies (grosso modo, de mai à septembre) car certaines zones deviennent inaccessibles, c’est notamment le cas de Batopilas car la route peut devenir trop dangereuse.

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