Au Pérou : trek à la Laguna 69

À 5h du matin, départ de notre excursion vers la Laguna 69… Avec deux coréens de mon hostel nous montons à bord du bus, passons récupérer quelques autres personnes, nous sommes au total une quinzaine. Nous roulons alors pendant deux grosses heures, et apres un arrêt photo au bord de la Laguna Llanganuco nous arrivons au point de départ de notre trek du jour, à 3900m d’altitude.

Le trail pour aller à la Laguna 69 fait 7 kilomètres, le guide nous annonce une durée de 3 heures, pour arriver à cette lagune qui se situe à 4600m d’altitude !

Nous commençons alors à marcher, l’altitude se fait deja bien sentir mais le début du trek est relativement facile. Rapidement, on commence une grosse montée, tout le monde s’arrête régulièrement reprendre son souffle… Les plus sportifs en tête du peloton commencent à s’éloigner, les moins habitués aussi mais vers l’arrière ! Je suis dans le milieu du groupe avec la coréenne, on avance tranquillement en admirant les superbes paysages autour de nous.

Nous arrivons sur une grande plaine très boueuse, on doit traverser plusieurs ruisseaux en sautant de rocher en rocher, puis on patauge dans la gadoue en essayant de ne pas trop s’enfoncer, nos chaussures se font aspirer ! On doit alors traverser un plus gros ruisseaux avec beaucoup de cailloux et beaucoup de courant, mais petit miracle je ne tombe pas dedans !

On commence alors une nouvelle grosse montée, l’altitude commence à rendre la marche vraiment difficile, je suis obligée de m’arrêter régulièrement pour reprendre mon souffle bien que n’avançant plus très vite. Le temps commence à se gâter, on a désormais de gros nuages au dessus de nos têtes, on espère ne pas avoir trop de pluie…

On continue à grimper, et arrivons enfin à notre destination, la superbe Laguna 69… Les photos ne rendent malheureusement pas compte de la splendeur de ce lieu, c’était réellement magique !

Aprés avoir déjeuné au bord de la lagune, nous nous remettons en marche… Et il se met à pleuvoir énormément, puis grêler, puis neiger, bref l’enfer. Je suis trempée jusqu’aux os, j’ai froid et je suis fatiguée, je me tords deux fois la cheville gauche, je suis littéralement au bout de ma vie… Lorsque j’arrive (enfin) au bus clopin-clopant, soulagement ! Je m’endors rapidement et me réveille une fois à Huaraz, ici aussi il pleut… En somme, le pire retour du monde, mais la Laguna vaut vraiment l’effort !

J’ai fait cette excursion avec mon hostel, Akilpo, pour 35 Soles

Au Chili : 5 jours de trek à Torres del Paine 

Lorsque nous avons découvert l’existence du parc national chilien Torres del Paine il nous est apparu évident que nous devions l’intégrer à notre programme de vacances… Après nous être renseignées sur les différents moyens de visiter ce parc, nous avons décidé de nous lancer dans le trek « W » en le faisant en 5 jours. 

Au Chili et en Argentine, les grèves sont un sport national, on le sait mais on croisait les doigts pour passer à travers… Mais quand nous rentrons de Chaltén, la veille de notre départ pour Puerto Natales au Chili, nous rencontrons un couple de Brésiliens qui nous disent qu’ils devaient aller au Chili ce jour mais que leur bus a été annulé car la frontière est fermée à cause d’une grève, ce que d’autres personnes de l’hostel nous confirment… On commence à s’inquiéter on se demande si on va réussir à y aller ou non ! Il est déjà tard donc on ne peut pas aller au terminal de bus ni appeler notre compagnie pour confirmer le bus, on part donc se coucher sans trop savoir ce qu’il se passera le lendemain. Le réveil à 6h30 n’est pas le plus gai du monde car on se dit qu’on va peut être revenir ici dans quelques heures, mais on fait nos sacs tant bien que mal, on avale un petit déjeuner puis on fonce au terminal de bus, en croisant les doigts. On est vite rassurées : le guichet est ouvert et on nous confirme nos billets, le départ est imminent pour le Chili ! Au final la grève n’est pas totale, on mettra beaucoup de temps à passer la frontière car ils sont en effectif réduit, mais on la passe sans problème. Bienvenue au Chili !

Nous arrivons à Puerto Natales en début d’après midi, allons poser nos affaires dans notre petit hostel aux allures de chalet dans lequel nous avons pris une chambre double afin d’avoir une bonne nuit avant notre trek, puis partons en ville car nous devons louer un réchaud et des bâtons de marche, acheter la nourriture qu’il nous manque, et retirer de l’argent car évidemment il n’y a pas de distributeurs dans le parc ! La ville est très mignonne, assez brute, les gens adorables et nous trouvons sans problème tout ce dont nous avons besoin car beaucoup de commerces sont adaptés aux backpackers se dirigeant vers Torres del Paine. Nous faisons ensuite nos sacs, on ne prend que très peu de vêtements, un sac de couchage et toute la nourriture… Et ça pèse beaucoup plus lourd que prévu ! On essaye de se coucher tôt car demain réveil 5h30, mais on a du mal, excitées comme des enfants la veille de Noël !

Ci-desssus : une carte du parc national Torres del Paine. En noir ce que nous avons fait en bus, bleu en catamaran et rouge… à pieds !


Vendredi 21 octobre : le grand départ 

Après un réveil bien matinal et un petit déjeuner sur le pouce nous partons en direction du terminal de bus, pour un départ à 7h. Le bus est presque vide, c’est le tout début de la saison donc il n’y a pas encore foule (en janvier-février tout est booké en avance !). Nous arrivons à Pudeto vers 9h30, sauf que comme le seul catamaran de la matinée qui peut nous emmener à Paine Grande est à 11h, on a 1h30 d’attente devant nous, il fait certes très beau mais le vent en Patagonie ne pardonne pas, on se les gèle !

Nous embarquons enfin sur le catamaran, l’aventure commence on ne sait pas ce qui nous attend ! Après 30 minutes de navigation nous arrivons à Paine Grande, un refugio-camping où nous passerons notre deuxième nuit. Mais pour l’heure nous devons partir vers le Camping Grey où nous passerons la première nuit, on nous annonce 3h30 de marche (11 kilomètres) donc on décide de prendre notre déjeuner avant de se lancer. Une fois lancées, on commence prendre la mesure de l’aventure : marcher des kilomètres et des kilomètres avec de gros sacs sur le dos, recevant des rafales de vent très violentes de toutes parts, et bien que le sentier en lui même ne soit pas terriblement difficile, toutes ces conditions rendent le moindre obstacle assez compliqué. Au bout d’une heure à peine on a mal au dos et on en a marre, on se demande si on va vraiment y arriver et si on ne ferait pas mieux de faire demi tour, mais on reprend vite nos esprits, on décide de faire des petites pauses toutes les 30 minutes et cela va beaucoup mieux, on arrive mieux à gérer le port du sac et les rafales de vent se font moins violentes. Les deux kilomètres nous semblent interminables, j’ai mal au tendon d’Achille donc je deviens lente sur les montées, cela nous ralentit beaucoup et me démotive mais je veux vraiment faire ce trek en entier alors j’essaye de ne pas forcer sur mon tendon et je le masse régulièrement. 

Heureusement Charlotte n’a rien donc elle s’occupe de la motivation des troupes, et surtout nous sommes entourées depuis le début de paysages sublimes, on voit maintenant le Glacier Grey autour duquel nous irons faire du kayak demain ! Nous arrivons enfin au camping, nous avons loué une tente déjà montée avec des tapis de sol qui isolent du froid, ce qui nous évite de les transporter, on ne regrette pas ce choix… On aura mis un peu plus de 4 heures à faire ce premier segment du trek, on meurt de faim donc on décide de dîner à 17h30 et on est loin d’être les seules ! Il est maintenant 20h30 et nous nous endormons, cuites par la journée et sachant que demain nous refaisons le même chemin en sens inverse, mais d’abord nous allons faire 3 heures de kayak autour du Glacier donc il va nous falloir pas mal d’énergie…


Samedi 22 octobre : découverte du Glacier Grey en kayak 

La nuit a été bien froide, on ne regrette pas nos sacs de couchage pour températures extrêmes ! Après un bon petit déjeuner (le muesli lyophilisé est vraiment trop bon) on part vers le base camp de Big Foot, avec qui nous avons prévu de faire une excursion en kayak autour du glacier Grey. Le départ est prévu à 9h, nous pensions être avec un groupe mais nous ne sommes que deux avec les deux guides, un vrai luxe. Encore un avantage d’être venues en dehors de la grosse saison ici, car le guide nous informe que pendant la grosse saison il y a une vingtaine de personnes par groupe. Après s’être équipées d’un Néoprène bien épais, d’une parka et d’un casque, nous recevons les consignes de sécurité, le guide passe un moment à nous expliquer ce que nous devons faire si le kayak se retourne… Vu que l’eau est à 3 degrés on est moyennement rassurées mais il nous dit que ça n’est jamais arrivé. On part ensuite en direction du glacier, c’est la première fois en kayak pour Charlotte, cela nous rappelle notre époque aviron, qui n’est pas si loin on retrouve vite nos bonnes habitudes de synchronisation ! On approche du glacier et découvrons des icebergs, qui sont en fait des morceaux de glaciers qui se sont détachés et qui flottent désormais dans le fleuve. Les reflets bleutés sont superbes, le grand soleil que nous avons aujourd’hui encore nous permet d’admirer ces paysages dans les meilleures conditions imaginables. Nous naviguons le long du glacier et autour des icebergs, faisons quelques photos puis allons dans une petite baie, posons note kayak sur la rive puis marchons un peu dans trop savoir où… Nous découvrons alors le glacier vu de haut, majestueux et superbe ! Histoire de rendre ce moment encore plus parfait, le guide nous sert des verres de thé bien chaud et des barres de chocolat, on est au top ! On discute avec eux, ils nous racontent toute l’histoire de ce glacier et du parc. La fonte du glacier est malheureusement très accélérée par le réchauffement climatique, chaque année ils le voient reculer de plusieurs mètres, parfois plusieurs dizaines de mètres, c’est assez terrifiant. On repart ensuite, continuons notre balade en kayak, approchons de gros icebergs et faisons quelques photos devant (on a la chance d’être tombées sur un guide qui proposait tout le temps de nous photographier/filmer avec ma GoPro) puis repartons vers le base camp, cela fait 2h30 que nous sommes parties cela sonne la fin de l’excursion ! On a des étoiles dans les yeux, après la dure journée d’hier cela nous remotive pour la suite.

Nous rentrons alors au camping Grey où nous avions laissé nos affaires le temps de l’excursion, en profitant pour déjeuner chaud, puis repartons bien chargées en direction du camping Paine Grande où nous allons passer notre seconde nuit, en espérant que ce sera moins rude… Et en effet, bien que nous fassions le chemin en autant de temps qu’hier, nous le vivons mille fois mieux, je n’ai presque plus mal au tendon et il semblerait que nous ayons enfin réussi à bien régler nos sacs à dos pour que ça ne nous fasse plus aussi mal ! Nous arrivons en fin d’après midi au camping, découvrons notre tente qui est super grande, allons prendre une bonne douche chaude puis dînons. De nouveau nous nous couchons très tôt car demain sera la plus grosse journée de marche au programme, avec une dizaine d’heures de marche prévues (heureusement, seulement 4 avec nos sacs à dos !), et il n’est plus questions de laisser tomber, nous irons au bout de ce trek !


Dimanche 23 octobre : la Valle Francés

Aujourd’hui, grosse journée de marche : un peu plus de 20 kilomètres prévus (le trek W en compte environ 70). La bonne nouvelle c’est que notre parcours fait une sorte de T à l’envers, nous pouvons donc poser nos sacs à la base du T et les reprendre ensuite, ce qui nous épargne 11 kilomètres de sac à dos ! Nous partons de bonne heure du camping Paine Grande afin d’avoir toute la journée devant nous pour faire ce que nous avons prévu : grimper jusqu’au Mirador Valle Francés. Les premiers 8 kilomètres sont assez plats, et la météo de la journée s’annonce excellente, donc on est ravies ! On arrive au Camping Italiano, on y laisse la majeure partie de nos affaires puis nous partons vers le Mirador, les montées sont au rendez vous… On escalade des rochers, traverse des ruisseaux, enjambe des arbres puis finalement nous arrivons tout en haut et découvrons une vue sublime sur les montagnes alentours, on n’est pas déçues du voyage ! On en profite pour y déjeuner puis nous repartons car l’heure tourne, les descentes ne sont pas tellement plus rassurantes que les montées on n’ira pas plus vite qu’à l’aller… Mais tous les paysages qui nous entourent nous régalent, la lumière est incroyable, on ne revient pas de la chance qu’on a niveau météo. Une fois arrivées au Camping Italiano on récupère nos affaires puis partons en direction du Camping Francés où nous allons passer la nuit. Ce n’est qu’à une demi heure de marche donc même si la perspective de porter nos sacs ne nous réjouit pas, celle d’un bon repas chaud si, alors on les fait sans ronchonner ! On conclut ainsi cette troisième journée de trek, on a maintenant fait 43 kilomètres il nous en reste une trentaine pour les deux jours à venir. On commence à être vraiment usées par les nuits glaciales dans nos tentes et par le rythme quotidien des marches, mais les paysages qui nous entourent sont tellement beaux qu’on oublie rapidement les compromis faits sur le confort ! Après un superbe coucher de soleil sur le grand lac que nous voyons depuis notre tente, nous nous endormons au son des ronflements de nos voisins qui n’ont pas l’air en plus grande forme que nous…


Lundi 24 octobre : du Francés au Chileno

Au programme aujourd’hui : 14 kilomètres avec nos gros sacs à dos ! Même s’ils sont plus légers qu’au début car on a mangé la plupart de la nourriture, il nous reste quand même pas de choses et les sacs nous paraissent toujours aussi lourds… Mais nous avons toujours le soleil avec nous donc la journée s’annonce plutôt belle ! Nous allons aujourd’hui longer le lac Nordenskjold d’ouest en est, première étape le Camping Cuernos où nous nous arrêtons déjeuner, profitant de l’espace cuisine dans lequel nous pouvons utiliser notre réchaud. Nous repartons ensuite, en direction du Camping Chileno où nous allons passer la nuit. Aucun arrêt sur la route, une dizaine de kilomètres à parcourir… Heureusement les paysages que nous découvrons sont à couper le souffle, nous faisons quelques pauses photos et snacks sur le chemin, cela commence à être dur physiquement pour toutes les deux donc on s’arrête régulièrement quelques minutes pour reprendre des forces. Enfin, nous voyons notre refuge de (très) loin, il nous reste encore beaucoup de montée, seul point positif on se dit que demain en repartant ce ne sera que des descentes ! Nous arrivons en fin d’après midi au Camping, comme hier notre tente est sur une plateforme en bois car le sol est très pentu. Comme nous ne pouvions louer la tente qu’avec le full board (dîner, petit déjeuner et dîner) c’est la nuit qui nous coûte le plus cher, a plus de 80 euros par personne ! Mais ce petit dîner cuisiné est plus que bienvenu, c’est l’occasion de dîner au chaud, sur une table et avec des couverts, cela nous réchauffe bien avant de nous mettre au lit. Le ciel commence à se couvrir de gros nuages, on a un peu peur pour la météo demain, on espère avoir encore une journée de grand soleil car demain nous allons enfin voir les « Torres » qui donnent leur nom au parc, et qui sont le point de vue emblématique de cet endroit. Le réveil est mis à 5h45, on prendrait presque l’habitude…


Mardi 25 octobre : les Torres et la fin du trek

Enfer et damnation nous découvrons que quelqu’un nous a mangé notre petit déjeuner, qui avait été préparé hier soir pour que nous puissions le manger a 6h et partir ensuite faire notre rando. Nous attendons donc 7h le début officiel du petit déjeuner pour ne pas partir le ventre vide, puis attaquons bien couvertes (il a plu cette nuit, il pleut encore un peu et il fait bien froid) notre trek qui devrait durer environ 2h30 à l’aller et 2h au retour. Le temps ne va pas en s’améliorant, il se met même à neiger… Mais on continue d’avancer, en se disant que le soleil sortira peut être… Il ne sortira pas, les Torres sont coincées dans le brouillard mais le spectacle n’en est pas moins magique, la lagune est d’un beau turquoise et l’ensemble est assez surréaliste. On reste un moment à contempler ces splendides tours puis quand nous avons pieds et mains congelés nous décidons qu’il est temps de repartir. Direction le Chileno, nous déjeunons puis récupérons nos gros sacs à dos, direction l’Hotel Torre, hôtel de luxe dans lequel nous ne dormirons pas (en basse saison les chambres sont entre 200 et 600 dollars…) mais dans lequel nous boirons un verre, en récompense de nos efforts de ces derniers jours ! L’heure passe vite et nous prenons ensuite notre bus pour Puerto Natales, retrouvons notre hostel de l’aller, prendre une douche nous a rarement autant fait de bien, tout comme dormir dans des draps propres et chauds… On réalise que ça y est, on l’a fait ! 5 jours de trek en Patagonie, question sortie de zone de confort on est bonnes je crois !


En pratique :

  • Bus A/R depuis Puerto Natales : 18000 CLP
  • Entrée du parc : 21000 CLP pour les étrangers
  • Catamaran de Laguna Amarga/Pudeto à Paine Grande : 18000 CLP
  • Excursion en kayak au Glacier Grey : 60000 CLP

Le logement dans le parc : il existe des refugios (lits), des campings payants (possibilité de venir avec sa tente ou d’en louer une sur place) et des campings gratuits. Nous avons décidé de camper en louant une tente à chaque fois ainsi que des tapis de sol isolant du froid, afin de ne pas avoir à porter nos tentes. Cela nous donne accès aux douches et sanitaires du camping payant, et aux espaces pour cuisiner, et cela revient beaucoup moins cher que les refugios donc c’était pour nous le bon compromis. Compter tout de même environ 45 euros par nuit pour un emplacement de tente, la location d’une tente pour deux et deux matelas de sol isolants.

La nourriture dans le parc : les refugios proposent des repas cuisinés pour le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner mais encore une fois c’est assez cher, compter 40-60 euros par jour et par personne pour avoir le « full board » soit ces trois repas. Nous avions pour notre part décidé de faire ce que fait la majorité des gens qui viennent ici, louer un réchaud et se préparer nous mêmes nos repas, nous avons donc amenés des sachets de repas lyophilisés (type MX3), des soupes/purées en poudre, des conserves de thon/sardines, des petits pains pita, des fruits secs et des amandes, des barres de céréales et des bonbons. Il est par ailleurs possible d’acheter de la nourriture dans le parc, dans les mini markets de certains refugios, c’est beaucoup plus cher qu’en dehors (2 à 4 fois plus cher) mais c’est une solution de secours.

Quand y aller ? La haute saison est de decembre à février, mais la saison commence dès le mois d’octobre. Fin octobre et novembre semblent être un bon compromis, la météo commence à s’adoucir et le parc n’est pas bondé, ce qui rend l’organisation un peu plus facile car il n’est pas nécessaire de réserver très en avance les refugios ou emplacements de camping. Par ailleurs, il arrive que les mini markets soient vides en haute saison.

D’est en ouest ou d’ouest en est ? C’est la question qu’on vous posera et que vous poserez des que vous rencontrerez des gens qui ont fait ou qui vont faire le W… Le faire d’ouest en est semble être le sens qui permet d’avoir le plus de belles vues, c’est donc celui que nous avons choisi.

Quel matériel emmener ? Les bâtons de marche sont très recommandables bien que non indispensables. Ils aident beaucoup en montée comme en descente et soulagent bien les genoux, qui ne se prennent pas tout le poids du corps pendant les descentes. Ils sont louables facilement dans toutes les boutiques de location de Puerto Natales, compter entre 2000 et 3000 CLP par jour pour une paire de bâtons. Pour les vêtements, des premières couches en merinos sont indispensables, des chaussures de marche imperméables type gore tex, une parka imperméable avec capuche, une polaire, un pantalon de marche, des chaussettes montantes de randonnée, un bonnet, des gants, des lunettes de soleil, de la crème solaire (indispensable!), un tour de cou, des dessous adaptés au sport. Les plus légers étant toujours les meilleures options car vous allez tout devoir porter ! Et ne pas oublier les tongs et la serviette toute fine qui sèche vite pour la douche :) D’autres choses utiles sont une lampe frontale car vous marcherez probablement la nuit (ne serait ce que pour un pipi nocturne), une lampe de poche dynamo, une trousse de secours bien fournie (le voltarène est incontournable!), plusieurs gourdes qui s’attachent facilement au sac à dos, quelques mousquetons pour accrocher vos affaires, une couverture de survie, un sac de protection contre la pluie pour votre sac à dos, une batterie externe pour recharger votre appareil photo (ce serait dommage de n’avoir que la première moitié du trek en photo).

En Argentine : randonner autour du Fitz Roy

Nous sommes maintenant à El Chaltén, la capitale argentine du trekking ! Depuis la ville on voit déjà le mont Fitz Roy, majestueux, et on nous annonce un grand soleil pour les jours à venir, nos trois jours ici s’annoncent donc plutôt bien.

Le lundi, n’ayant que l’après midi nous décidons de ne faire qu’une petite randonnée, nous décidons donc de partir vers le Mirador de los Condores puis vers celui de las Aguilas. Nous nous promenons donc pendant trois heures sur les sentiers, profitant de superbes vues sur le Fitz Roy et sur ses voisins, ayant découvert l’existence d’un mont Saint Exupéry il devient rapidement notre préféré ! Depuis quelques temps maintenant il semble nous suivre, depuis l’île aux oiseaux de Puerto Madryn qui ressemble au boa qui mange un éléphant dans Le Petit Prince, jusqu’ici où un mont porte son nom, souvenirs de l’époque où il est venu diriger l’Aeroposta Argentina et où il beaucoup exploré l’Argentine. Nous découvrons aussi de belles vues du gigantesque Lac Viedma, qui nous paraît bien loin… Nous profitons de cette belle météo pour faire quelques photos souvenirs devant ces paysages que nous allons « attaquer » demain et après demain. Nous rentrons ensuite à l’hostel où nous retrouvons Pauline et Yanis, qui voyagent avec Hanna en Argentine pendant deux semaines, et qui ont fait en sorte qu’on se croise ! 


Mardi, au programme : le trek Laguna de los Tres, le plus difficile de tous les treks, mais apparemment le plus beau de tous alors on s’équipe et on décide d’y aller. Sur les conseils d’une jeune argentine travaillant à l’hostel, nous ne débutons pas le trek depuis la ville mais nous prenons un taxi jusqu’à El Pilar, afin de passer par la Laguna Piedras Blancas et de ne pas faire le même chemin et l’aller et au retour (accessoirement cela nous évite une grosse montée, on n’est pas contre…). Le taxi passe donc nous prendre à 8h30, nous dépose comme convenu au début du sentier à El Pilar, puis nous attaquons doucement notre trek, pour l’instant c’est relativement cool, le soleil est avec nous, la Laguna Piedras Blancas est sous la neige mais nous avons une superbe vue sur le glacier du même nom donc on est contentes d’être passées par ici ! Nous continuons ensuite jusqu’au point où nous rejoignons le sentier venant d’El Chaltén. Apparemment c’est ici que les choses sérieuses vont commencer, on appréhende un peu… et on a raison ! Un gros kilomètre avant la Laguna de los Tres un panneau met en garde les visiteurs en annonçant une ascension de 400 mètres en 1 kilomètre de marche, une pente à 40% entre rochers, petit ruisseau et blocs de neige/glace, on est prévenues… On attaque donc ce morceau, pas mécontentes d’avoir loué des bâtons de marche qui nous aident énormément ! Le soleil tape fort, on a chaud mais on est surtout très concentrées pour ne pas se rater… Heureusement qu’on est trois, on rigole bien et tout en est beaucoup plus agréable car pour l’instant on ne voit plus le Fitz Roy et on se demande comment ça va être une fois en haut ! On met plus d’une heure à parcourir ce kilomètre, mais une fois en haut rien ne peut enlever nos sourires de nos visages : nous marchons désormais dans 30-40 centimètres de neige, voyons de nouveau tous les pics enneigés, le paysage est surréel. La lagune est sous la neige, on imagine ce que ça doit être quand elle est bleu turquoise en janvier-février… On se pose sur des rochers face au Fitz Roy, déjeunons au soleil, en faisant fondre de la neige dans nos gourdes pour boire, l’eau est délicieuse c’est un vrai luxe ! On croise deux allemandes rencontrées à l’hostel qui nous conseillent de continuer à marcher un peu plus loin pour aller voir la Laguna Sucia (« lagune sale » en français, on n’a toujours pas compris pourquoi). Cette lagune n’est pas gelée mais d’un bleu turquoise incroyable, on est bien contentes d’avoir croisé les allemandes ! On repart ensuite, car on sait que la descente sera au moins aussi difficile que la montée, et qu’il nous restera ensuite 9 kilomètres de marche avant la fin du sentier (et évidemment l’hostel n’est pas juste après !). La descente est en effet une sacrée épreuve et nous pousse un peu à bout, on commence à être fatiguées et c’est difficile de rester en équilibre. Une fois arrivées en bas, on marche jusqu’au ruisseau repéré à l’aller pour pouvoir remplir nos gourdes et se faire un petit goûter, on est contentes d’avoir pris des bonbons car le sucre est le bienvenu ! On attaque ensuite le sentier menant à El Chaltén, en passant par la Laguna Capri. Nos jambes sont lourdes et nos pieds font mal, on se demande dans quel état on va arriver mais une chose est sûre : c’était tellement beau qu’on ne regrettera pas ! Nous finissions le trek en faisant régulièrement des petites pauses, guettant les panneaux indiquant les kilomètres nous séparons de la ville, puis finissons par arriver, fières de nous mais épuisées ! Nous passons faire quelques courses au supermarché puis rentrons à l’hôtel. Runtastic nous affiche un peu plus de 25 kilomètres au total, avec 1200 mètres de dénivelé positif (et autant de négatif évidemment…). On prend une bonne douche, un bon dîner et on s’écroule dans nos lits car demain on remet le couvert…




Mercredi en effet, les festivités continuent car non contentes d’avoir fait le trek le plus dur on veut maintenant faire le deuxième plus dur : le trek allant à la Laguna Torre. Bon, vu qu’on se réveille avec des pieds douloureux et de bonnes courbatures, on se demande dans quel état on va finir si c’est comme hier… Mais en se renseignant à l’hostel, on apprend que ce trek est quand même beaucoup moins dur que celui d’hier et qu’on ne devrait pas avoir de souci, il y a beaucoup de plat. Le trek fait 9 kilomètres de long et il y a en effet 4 kilomètres de plat mais tout le reste ce sont de bonnes montées et de bonnes descentes, on commence à détester les gros cailloux… Mais l’arrivée vaut bien ce petit effort : une lagune turquoise dans laquelle flottent des énormes morceaux de glaces, petite ambiance banquise. Derrière la lagune on découvre le mont Torre, sorte de petit frère du Fitz Roy, tout aussi beau. On déjeune rapidement car il fait un peu froid puis on repart vers El Chaltén, remplissant nos gourdes dans le ruisseau que nous avions trouvé à l’aller, dégustant cette eau bien fraîche et pure ! On fait quelques petites pauses bonbons/eau, et continuons notre chemin de retour, moins sympa que l’aller car on n’a pas le beau panorama en face mais dans le dos. On finit le trek en 5h30 en comptant les pauses alors qu’on nous annonçait 6 heures sans pause, on est super fières de nous car on a l’impression d’avoir le corps tout cassé tellement on a mal partout… On rentre donc à l’hostel et nous faisons un petit tea time avec un cake marbré presque aussi bon qu’un Savane :)



Nous reprenons ensuite le bus en direction d’El Calafate, notre dernière nuit avec Hanna car demain nos chemins se séparent : elle va à Buenos Aires avec Pauline et Yanis, nous prenons un bus direction Puerto Natales car vendredi nous commençons le W Trek à Torres del Paine que nous allons faire en 5 jours / 4 nuits, on n’a jamais fait ça de nos vies on se demande ce qui nous attend !